Cumuna di Centuri


Histoire de Centuri

Antiquité

Au 1er siecle avant JC, il existait déjà un port du nom de Centurinum Civitas. Ptolémée cita également un port du nom de "Centurinon".
Centurinum aurait existé déjà 6 siècles avant JC et était relié à Macinaggiu (Rogliano) par une voie romaine passant au col de Cataro (collu di u Cataru - ) situé au nord de Granaggiolo (Ersa).

Moyen âge

De la fin du IX siècle à 1197, Centuri a été à la famille seigneuriale Peverelli soutenue par Gênes, puis de 1198 à 1248 aux Avogari qui l'ont cédée à Ansaldo da Mare.
Au XIII siècle, l'île de Capense est fortifiée. En 1268, les Avogari et leurs alliées Da Mare y sont assiégés par Sinucello Della Rocca, vainement par insuffisance de bateaux.
Au XIV siècle, Centuri est constitué en apanage par Galeotto da Mare pour son fils naturel Crescione, - Nicolas fils de Crescione héritera de Morsiglia avant d'être peu après aussi seigneur de Centuri, avant d'entrer en 1431, dans le fief de San Colombano, des Da Mare.
En 1563 le village d'Ortinella est brûlé par des forces de l'armée turque commandées par Mammi Pacha dit Mammi Corsu.
En 1592 Gênes impose son administration sur le nord du Cap Corse, au détriment des da Mare. Ainsi naît la Provincia di Capo Corso, d'obédience génoise, succédant à l'état feudataire des Da Mare-Negroni.
Vers 1600, communauté de la seigneurie Da Mare, Centuri était peuplée d'environ 700 habitants. Les lieux habités étaient Trello, Bovalo, le Merlacce, Lorche, la Casanova, Ortinola, Orneto, Camera, le Casevecchie, le Camelle.

Les temps modernes

Jetée du port de Centuri

Au XVII siècle, Centuri était, après Erbalunga, le deuxième port le plus actif de Corse, avec une centaine de marins, de nombreux bateaux et entrepôts (magazzini). Trois familles parviennent à la fortune et à la noblesse : les Cipriani et les Napollone grâce au commerce, et les Franceschi armateurs, officiers de marine, amiraux au service de la Toscane, du Pape ou de la France.
Au XVIII siècle, un généreux bienfaiteur dote Centuri d'une jetée.
Port de commerce florissant, les opérations d'importations portaient sur les produits indispensables à la vie quotidienne et au commerce tels grains, sel, planches, chaux, ustensiles, vêtements et récipients en terre cuite. Les exportations concernaient vin, huile, agrumes, bois, céréales, écorces de tannage, bétail et cocons de soie.


Au XIX siècle, la culture du cédratier s'avère très lucrative. Depuis, le déclin rapide de l'agriculture a fait disparaître les vergers et la vigne ( de vigne en 1790, pratiquement plus aujourd'hui), en s'accompagnant d'un dépeuplement sensible (720 habitants en 1852), mais inférieur à celui de certaines communes limitrophes, en particulier après la Première Guerre mondiale (fait classique en Corse).
Centuri fut à l'époque de la Nation corse indépendante de Pasquale Paoli, l'arsenal de la marine nationale corse.